«Think Tank» Europe-Mexique.

«Think Tank» Europe-Mexique.
*2008 Création, par Morgane BRAVO, President I Founder of «Think Tank» Europe-Mexico. (Franco-Mexicaine) *Avocat de formation, études & expérience Diplomatique, Sciences Politiques... 2002 en France, Candidate (Titulaire) aux élections Législatives, dans la 14ème Circonscription de Paris. 16ème arrondissement (Sud). « Euroblogger » UE, Commission Européenne, Conseil Européen, Parlement Européen, Conseil de l'Europe, CoR, EuroPcom... *Morgane BRAVO, from Paris, France. She's graduate Lawyer and have a Master’s degree in Diplomacy & Political Science...Diplomatic experience.

viernes, 6 de noviembre de 2009

***Un jeune français expatrié sur Monterrey…***


***Depuis maintenant 4 ans, Nicolas Machot s’est installé au Mexique...Ancien étudiant du TEC et aujourd’hui directeur commercial d’une très belle PME de Nuevo Léon, il nous raconte son histoire…Rencontre.

Le Grand Journal : Comment avez-vous découvert le Mexique ?

Nicolas Machot : Lors de ma quatrième année d’étude j’avais la possibilité de partir de 6 mois à un an. Donc bien évidemment j’ai souhaité partir une année entière. Étant donné que je maîtrisais déjà l’anglais, je voulais apprendre correctement l’espagnol. Je n’avais pas énormément de choix, c’était l’Espagne, Buenos Aires ou le Mexique avec Mazatlán. Quand je suis allé sur le site de cette ville, et que j’ai vu que c’était au bord du Pacifique, sous les tropiques, je n’ai pas hésité une minute. Ça a donc été ma première expérience avec le Mexique, lors de l’année scolaire 2001-2002. J’ai passé 1 an au Campus Mazatlán du TEC de Monterrey. C’est le début de mon histoire avec ce pays.

Le Grand Journal : Qu’est ce qui vous a poussé à revenir quelques années plus tard ?

N.M : Après cette année magnifique, je suis rentré en France pour finir mes études, et faire un stage. Ensuite j’ai travaillé pendant 2 ans et demi dans une entreprise. Cette période m’a permis de rembourser mon prêt étudiant, de mettre un peu d’argent de côté, mais surtout de rencontrer ma femme. C’est une mexicaine qui a fait un an d’étude à Lyon. C’est là-bas que l’on s’est rencontrés. Cela a permis d’accélérer mon processus de retour.
Je savais que je voulais déjà revenir au Mexique car comme je l’ai dis, j’avais passé une année fabuleuse là-bas. En plus, j’avais remarqué que le Mexique est une terre d’opportunité. C’est-à-dire qu’il y a pas mal de possibilités ici.

Le Grand Journal : Mais il y a un monde entre le fait de passer une année en tant qu’étudiant et le fait de venir y faire sa vie. Ce changement n’a-t-il pas été trop compliqué ?

N.M : Bien sûr qu’il y a eu un changement quand je suis revenu. Mais je le savais, car la réalité de la vie n’est pas la même lorsque l’on est étudiant ou que l’on cherche à travailler et à se construire une vie. Mais ça c’est plutôt bien passé. On a eu la chance de vivre au bord de la plage pendant 3 ans et demi. Et puis, petit à petit, je me suis adapté au mode de fonctionnement, même si cela n’a pas été forcément toujours simple. Mais le fait d’avoir une femme mexicaine, ça aide aussi à mieux comprendre les choses.

Le Grand Journal : Comment s’est déroulé votre retour ?

P10206191 150x150 Nicolas Machot Un jeune français expatrié sur Monterrey...N.M : Quand je suis revenu ici, j’avais trouvé un boulot depuis la France, à Guadalajara, dans une boîte qui s’occupait de meubles dans la filière d’ameublement. Mais au bout de trois mois, ma femme a trouvé un poste sur la côte, à Puerto Vallarta. Donc je l’ai rejoint. Et comme c’est une ville qui ne vit que pour le tourisme, il n’y pas trop le choix .. C’est soit l’hôtellerie, soit l’immobilier. Pendant 3 ans j’ai travaillé en tant qu’agent immobilier. Mais comme ce n’était pas mon domaine, et que cela ne me satisfaisait pas complètement, j’ai décidé de chercher autre-chose. Et c’est comme ça que j’ai atterri à Monterrey en juillet 2009.

Le Grand Journal : Justement au niveau du travail, quelles sont les principales différences que vous avez remarqué entre la France et le Mexique ?

N.M : Ce n’est pas la même méthode de travail, c’est évident. Mais c’est assez difficile pour moi de dire ça, car en France je n’ai eu qu’une seule vraie expérience de travail en entreprise. Et que je viens à peine de commencer mon nouveau travail dans une boîte mexicaine. L’entreprise dans laquelle je me trouve actuellement est une PME où le directeur a démarré tout seul il y a une vingtaine d’années. C’est une entreprise qui a pas mal grandi, mais elle a grandi plus vite qu’elle ne s’est professionnalisée. C’est une très bonne entreprise, qui fait de la super qualité. Mais au niveau des ventes, ce pourquoi j’ai été engagé, en tant que directeur des ventes, il n’y a aucun système rationnel. Il n’y a pas vraiment de planification, ni d’analyse marketing de leur marché. Tout se fait de manière empirique et au fur et à mesure. Je pense que c’est à ce niveau que se situe la principale différence. En France, une entreprise comme la mienne, de 50 employés, aurait un niveau de professionnalisation supérieure.

Le Grand Journal : Pourquoi une entreprise mexicaine est intéressée par un travailleur français ?

N.M : Si ils m’ont choisi, je pense que c’est justement parce qu’ils ont compris qu’ils avaient besoin d’un œil extérieur, d’une autre vision, d’une autre culture de travail. Cela permet d’incorporer des idées neuves et d’injecter du sang neuf. Et puis au Mexique, ils aiment bien tout ce qui est étranger, et je pense qu’ils se sont dit qu’un mec qui avait un Bac+5 en France, et qui connaissait déjà le pays pouvait apporter un truc. Je pense que mon côté franc et direct les a intéressé.

Le Grand Journal : Comment c’est passé votre intégration ?

N.M : Je me suis plutôt bien intégré dans l’entreprise. Car même si je suis étranger, je suis marié avec une mexicaine, ça fais plus de trois ans que je suis dans le pays. J’arrive avec de l’humilité, même si j’ai mes idées, je sais ce que je veux. On ne peut pas vendre des ambulances ou des camions de pompier au gouvernement comme on vendrait des cafés. C’est un secteur qui est très particulier car 80% des ventes se fait avec le gouvernement. Et en plus c’est un secteur très technique. Donc j’ai besoin d’apprendre beaucoup au niveau de la technique avec les gens de la production. C’est un travail dans lequel il y a beaucoup d’échanges à ce niveau là.

Le Grand Journal : Au bout de 4 ans de vie dans ce pays, ta vision du Mexique a-t-elle beaucoup évolué par rapport aux préjugés que l’on peut avoir ?

N.M : Je n’avais pas trop de préjugés avant de venir. En France quand tu dis Mexique, tu penses sombrero, tequila et mariachis… Mais moi, je suis arrivé ici sans aucun préjugé car je n’avais jamais rencontré de mexicains. Aujourd’hui ce que je peux dire sur le Mexique, c’est que c’est vraiment un pays complexe. Sur n’importe quel sujet que tu peux étudier, il y a tout et son contraire. C’est un pays avec des gens très riches et d’autres vraiment pauvres, il y a des villes super industrielles, un peu à l’européenne, et certains villages totalement perdus. C’est un des pays les plus catholiques du monde avec 98% de la population qui se dit croyante, mais un taux élevé de mères célibataires. C’est super chaleureux, les mexicains sont faciles à approcher, mais en revanche ce n’est pas aisé d’en faire de vrais amis. Bref c’est surtout ça qui m’a marqué, c’est un pays de contraste.

Le Grand Journal : Vous avez pas mal voyagé depuis votre arrivée au Mexique, quel est le lieu que vous avez préféré?

monte_alban,_mexico_-_800x600N.M : Mon meilleur souvenir du Mexique, c’est Monte Albán à côté de Oaxaca, à 8h30 tout seul sur le pic, c’était vraiment un moment magique. J’ai encore des frissons quand j’y pense. C’est un site archéologique zapotèques. Ça se trouve dans la vallée de Oaxaca, au milieu de deux énormes montagnes, il y a une colline avec au sommet des vestiges de pyramides indiennes. Et donc quand tu es assis en haut d’une pyramide, tu as les deux vallées devant toi, avec les chaînes de montagnes… c’est magnifique. Sinon j’ai pas mal visité le centre, Guanajuato, Querétaro,… et aussi le sud de Oaxaca au Chiapas en passant par le Guatemala. Et au Nord, le Barranca del cobre. Même si tout est magnifique, en tant qu’européen en voyage, le Sud est vraiment dépaysant. Pour les couleurs, les odeurs, la gastronomie… Tu découvres un Mexique qui ressemble à ce que tu attends de ce pays. C’est-à-dire des gens plus petit, plus typés, avec des visages qui descendent plus directement des indiens. Ça fait plus traditionnel, et c’est ce que j’avais envie de voir en tant qu’européen.

Le Grand Journal : Qu’est ce qui pourrait vous faire rentrer en France ?

N.M : Ce qui pourrait me faire rentrer en France, c’est vraiment l’insécurité. Car à l’heure actuelle quand on me demande pour combien de temps je suis ici, je suis incapable de répondre, 2 mois, 2 ans, 20 ans, j’en sais rien. Je n’ai pas le plan de rentrer en France. Mais si la violence continue à augmenter dans le pays, c’est sur que l’on rentrera. J’ai la chance d’être français, donc je ne suis pas obligé de vivre dans un pays avec la peur au ventre. Mais c’est sur que pour le moment, il n’y a que ça qui pourra me faire rentrer.

Je viens de décrocher un poste intéressant, J’ai de l’ambition, la boîte a un fort potentiel de croissance, ce qui me permettra, je l’espère, d’augmenter rapidement mon niveau de vie. Je risque de rentrer dans la cible que visent les gens mal intentionnés ici…..Donc ce sont des choses qui font réfléchir, et qui effraient un peu !

Mais au-delà de ça, il y a des opportunités à portée de main. C’est un pays qui a une énorme marge de croissance, il y a encore plein de choses à faire. Il y a encore de la place pour de nouveaux projets. Et contrairement à la France, il y a moins besoin de capitaux.

Bastien Paix
(www.legrandjournal.com.mx)

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